NOTRE RECHERCHE
Incontinence fécale : conséquences pour les patients
L'incontinence fécale constitue un problème majeur de santé publique. Cette affection peut avoir de graves répercussions sur la vie quotidienne, notamment :
- dignité et confiance
- bien-être et santé mentale
- indépendance
De nombreuses personnes ressentent :
- anxiété
- isolement social
- baisse de la participation à la vie professionnelle et aux déplacements
- limitations dans les activités quotidiennes
Le projet AMELIE porte spécifiquement sur l'incontinence fécale résultant d'une lésion du sphincter anal, le plus souvent consécutive à :
- accouchement
- chirurgie
- traumatisme
Les femmes ayant accouché représentent une grande partie des personnes concernées, environ 5,51 TP3T d'entre elles ayant subi une lésion directe lors de l'accouchement en raison d'une déchirure périnéale.
Incontinence fécale et médecine régénérative
La médecine régénérative vise à réparer ou à remplacer les tissus endommagés par le vieillissement, une maladie ou une lésion, offrant ainsi de nouvelles possibilités de traitement de l’incontinence fécale causée par une lésion du sphincter anal. Parmi les approches régénératives, la thérapie cellulaire utilisant des cellules autologues dérivées du muscle squelettique (ASMDC) pour régénérer le sphincter anal externe endommagé est celle qui a fait l'objet des recherches les plus approfondies.
L’Europe a joué un rôle de premier plan dans la transposition de cette approche dans la pratique clinique. Sur les cinq études cliniques publiées portant sur la thérapie cellulaire pour l’incontinence fécale, trois ont été menées par des groupes de recherche européens et ont utilisé des ASMDC administrées sous forme de suspension cellulaire. Dans l’essai de phase II randomisé et contrôlé par placebo, seuls 58% des patients ayant reçu un traitement par ASMDC ont répondu au traitement après 12 mois, tandis que des études pilotes en ouvert ont fait état de niveaux similaires d’amélioration subjective. Dans l’ensemble, ces études n’ont démontré qu’un bénéfice clinique modeste, ce qui suggère que les méthodes actuelles d’administration des cellules ne permettent pas d’obtenir de manière constante l’effet thérapeutique souhaité.
Pourquoi les méthodes traditionnelles ne donnent-elles pas de meilleurs résultats ?
Bon nombre des cellules utilisées en médecine régénérative, notamment les cellules autologues dérivées du muscle squelettique (ASMDC), sont dépendant de l'ancrage, ce qui signifie qu’elles doivent rester fixées à une surface pour se développer et fonctionner normalement. Dans le cadre d’un procédé de fabrication classique, ces cellules sont prélevées sur le patient, multipliées en laboratoire alors qu’elles sont fixées à une surface de culture, puis détachées avant d’être administrées sous forme de suspension cellulaire.
À ce jour, toutes les études cliniques publiées sur la thérapie cellulaire dans le traitement de l’incontinence fécale ont utilisé cette approche de fabrication conventionnelle. Cependant, le fait de détacher les cellules de leur surface de culture avant la greffe peut les endommager, réduisant ainsi leur viabilité et leur potentiel régénératif. Ce processus peut également déclencher l’anoïkise, une forme de mort cellulaire qui survient lorsque des cellules dépendantes de leur ancrage perdent le contact avec leur surface de support.
La faible survie cellulaire après une greffe constitue l'un des principaux défis auxquels est confrontée la médecine régénérative. Pour les traitements qui reposent sur l'intégration de cellules dans le muscle lésé, comme ceux destinés à traiter l'incontinence fécale, une faible survie cellulaire peut limiter l'efficacité du traitement et contribuer à des résultats cliniques inégaux.
Relever ce défi est au cœur du projet AMELIE. En mettant au point une thérapie à base de cellules et de micro-supports implantables permettant aux cellules de rester fixées à une structure de soutien pendant la transplantation, le consortium vise à améliorer la survie cellulaire, à favoriser la réparation tissulaire et à offrir de meilleurs résultats aux patients.
